Extrait de "Moi, étiquette", De Carlos Drummond de Andrade. Traduction de Renata Azevedo Moreira. 

(...) 

Avec quelle innocence je cesse d'être,

moi, qui auparavant étais et me savais si différent d'autres,

si moi-même, un être pensant, sentant et solidaire avec d'autres êtres

divers et conscients de leur humaine, invincible condition.

Maintenant, je suis un annonce,

parfois vulgaire, parfois bizarre

(...) 

Et dans ça je me compare, 

je me réjouis de mon annulation. 

Je ne suis pas - du tout - un annonce commandé 

C'est moi qui paie soigneusement pour annoncer, pour vendre

dans des bars, des fêtes, des plages, des pergolas, des piscines

Et bien visiblement j'exhibe cette étiquette globale dans le corps 

qui abandonne d'être veste et sandale d'une essence si vivante, si indépendante,

qu'aucune mode ou pot-de-vin la compromettent. 

Où j'aurai jeté mon goût et ma capacité de choisir, 

mes idiosyncrasies si personnelles  

si propres à moi que dans mon visage elles se reflétaient 

e chaque geste, à chaque regard

chaque pli du vêtement 

je suis enregistrée de façon universelle 

je sors de l'imprimerie, et non pas de chez moi  

de la vitrine on m'enlève, on me remet

objet pulsant, mais objet qui s'offre comme signe d'autres objets statiques, tarifés. 

Pour m'exhiber comme ça, si fier d'être non pas moi, mais un article industriel

je vous demande de rectifier mon nom. 

Le titre d'homme ne me convient plus. 

Mon nouveau nom est chose. 

Je suis la chose, chosement. 

--

Excerpt of Me, a tag, by Carlos Drummond de Andrade; English translation by Karla Keiko

(...)

With what innocence I quit on being me

Me that used to be and knew myself.

so diverse from others, so myself,

thinking, sympathetic and supportive

with other diverse and conscious beings

of their human, invincible condition.

Now I'm advertising,

sometimes vulgar sometimes bizarre,

(...)

And in this I compare myself, I take glory

of my annulment.

I'm not - see there - hired advertisement.

Me that gently pays

to advertise, to sell

in bars parties beaches swimming pools,

and well on display I exhibit this global label

on the body that gives up

to be robe and sandals in such an alive,

independent essency

that no fashion or bribery compromise it.

Where I will have thrown away

my taste and ability to choose,

my  so personal idiosyncrasies,

so mine that my face mirrored

and every gesture, every look

every crease of clothing

I am universally engraved,

I come from the stamping, not from home,

from the shop window they take me out,

pulsating object, but an object

who offers itself as a sign of others

static objects, charged.

For showing me like this, so proud

of being not me, but an industrial item,

I ask my name to be corrected.

The title of woman suits me no longer.

My new name is Thing.

I am the thing, thingly