Caractérisée par un intérêt soutenu pour la matérialité, la forme et la gravité, Capture(s) d’écran suggère une lourdeur, en affichant les impacts physique et immatériel d’une relation continue avec l’échec et la technologie. L’approche de Faye Mullen du faire et du défaire se déploie sous la forme de gestes de résistance. En frappant contre son front depuis le 11-04-17 un iPhone4 qui bogue, sa performance in situ continue d’explorer le paysage virtuel d’Instagram dans une tentative de briser le 4e mur et de pénétrer l’écran. À travers ce geste critique engagé de l’artiste, le selfie devient un acte de résistance ancré dans l’absurde et encadré par l’échec inné de la technologie. Au moyen du langage séducteur des médias sociaux, le travail de Faye Mullen déplace le regard sur la technique elle-même. Capture(s) d’écran cherche à accéder aux limites de l’imitation, voire à les transgresser; proposant l’échec comme outil contemplatif et politique contre la surconsommation de notre société patriarcale fondée sur l’image. L’artiste présente le manque comme un excès – un surplus – insistant sur le potentiel derrière les limites.

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Characterized by a sustained interest in materiality, form and gravity, Screenshot(s) suggests weight by inscribing the physical and immaterial impacts of an ongoing relationship with failure and technology. Mullen’s approach to making and unmaking unfolds as gestures of resistance. The ongoing site-specific performance explores the virtual landscape of Instagram in an attempt to break the 4th wall and penetrate the screen, by whacking her lagging iPhone4 against her forehead since 11-04-17. Through Mullen’s critically engaged gesture, the selfie becomes an act of resistance anchored in the absurd and framed by the innate failure of technology. Through the use of social media’s seductive language, Mullen’s work shifts the gaze onto the medium itself. Screenshot(s) seeks to access, even transgress the limit of imitation; proposing failure as a contemplative and political tools against the overconsumption of our patriarchal image-based society. Mullen offers up lack as excess - a surplus - emphasizing the potential behind the limit.