En 1476, le poète anglais Geoffrey Chaucer écrivait le mot femynynytee pour la première fois. Originaire du moyen-anglais, ce terme indiquait une qualité propre aux êtres censés être libres du mal - libres, en fait, de tout désir indépendant ou d'action autonome. En reconsidérant les racines du mot "femininity", nous sommes en mesure de le redéfinir au présent, décolonisant ses compréhensions et interprétations possibles.

L'exposition Femynynytees fait exister ce terme en dehors de ses limites morales et explore une multiplicité d'incarnations où le féminin est recadré, retravaillé, déconstruit et queerisé. Les différents médias et les multiples modes de rencontre entre la technologie et l'art dans cette exposition questionnent ce que cela signifie d'être, ou d'avoir, un corps qui n'est pas nécessairement lié à un genre biologique. L'intimité des œuvres qui nous sont présentées nous demande de considérer nos présupposés et suppositions de ce que signifie être féminin. Nous sommes invité.e.s à entrer dans les histoires personnelles des artistes et à explorer les perceptions, célébrations et échecs liés à leurs propres expériences de féminité et à celles des autres. Nous vous invitons à considérer les défaillances du féminin à travers des exemples de soin et de violence, de complicité et d'intrusion, de célébration et de critique afin de défier et de mettre en dialogue des postulats de longue date selon lesquels le féminin est intrinsèquement lié à l’identité de femme. Plus de cinq siècles après la première parution du mot, cette exposition s’interroge : que peut devenir une vision plurielle des femynynytes?

AVE est située sur un territoire autochtone qui n’a jamais été cédé. Nous reconnaissons la nation Kanien'kehá: ka comme gardienne des terres et des eaux sur lesquelles nous nous réunissons aujourd'hui. Tiohtiá: ke / Montréal est historiquement connu comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières nations.

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In 1476, the English poet Geoffrey Chaucer penned the word femynynytee for the first time. A term of Middle English origins, it described one who is free from evil – free, in fact, from all independent desire or autonomous action. We reach back in time, pulling into present this term in order to address that which has been built upon and decolonize our understanding of it.

The exhibition Femynynytees reimagines the term outside of its moralistic confines, and rather, aims to explore a multiplicity of incarnations in which the “feminine" can be reframed, reworked, broken and queered. The diverse media and multiple modes of encounter between technology and art in this exhibition question what it means to be, or to have, a body that is not bound to gender. The intimacy of the works presented asks us to consider our understandings and assumptions of what it means to be feminine, to enter into the personal stories of the artists and to explore their experiences, celebrations and failures related to their own, and other’s, experiences of femininity. We invite you to consider the failings of the feminine through instances of care and violence, complicity and intrusion, celebration and critique in order to defy and bring into dialogue long standing assumptions that the feminine is inherently bound to a female identity. More than five centuries after the word first appeared, this exhibition questions; what can a multiplistic view of femynynytees become?

We acknowledge this exhibition is being held on unceded Indigenous lands. The Kanien’kehá:ka Nation is recognized as the custodians of the lands and waters on which we gather today. Tiohtiá:ke/Montreal is historically known as a gathering place for many First Nations.